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"Ce n'était vraiment pas une décision facile", a expliqué Nikiforov lors d'une conférence de presse au Judo Royal Crossing Club de Schaerbeek jeudi. "L'envie était toujours là, mais ça n'avait pas de sens de continuer à pousser sur mon physique après bientôt 15 ans de sport au plus haut niveau. Ma situation familiale a également changé. Je suis devenu papa entretemps et une nouvelle vie m'attend."

Le judoka bruxellois a annoncé sa retraite alors que les championnats du monde se déroulent au même moment à Budapest. Les +100 kg, la catégorie de Nikiforov, montaient d'ailleurs jeudi sur les tatamis. Le Belge n'aurait pas pu y participer dans tous les cas en raison d'une blessure à un doigt.

"C'est un jour symbolique. Mais c'était déjà décidé. J'ai beaucoup parlé avec Dirk (Van Tichelt, entraîneur national) et Koen (Sleeckx, le directeur technique du sport de haut niveau à la fédération) ainsi qu'avec ma famille et j'ai pris ma décision. C'était un honneur de représenter la Belgique pendant tout ce temps".

Un palmarès impressionant

Nikiforov peut se targuer d'une carrière particulièrement riche. C'est dans la catégorie des moins 100 kg qu'il a remporté ses plus grands succès. Une médaille de bronze aux Championnats du monde 2015 et deux en or aux Championnats d'Europe 2018 et 2021, plus une en argent à l'Euro 2016 et une en bronze à celui de Bakou en 2015 sont quelques-uns des points forts de son palmarès bien rempli. Il a participé aux Jeux olympiques de 2016 à Rio de Janeiro (9e), de 2021 à Tokyo (9e) et de 2024 à Paris (17e). 

Il a totalisé 16 médailles dans les plus grands tournois dont quatre en or au GP de la Havane (2014), de Düsseldorf (2017), au Grand Chelem de Tachkent (2021) et de Paris (2022).

Il avait également remporté l’or lors du Festival Olympique de la Jeunesse Européenne de Tampere en 2009 et pris la médaille d’argent lors des Jeux Olympiques de la Jeunesse de 2010 à Singapour.

Les Championnats d'Europe 2025, une dernière compétition au goût de victoire

"Je resterai certainement dans le judo, c'est en tout cas ce qui est prévu. En Belgique, mais peut-être aussi à l'étranger. Le judo belge pourra toujours compter sur moi. Lors des derniers championnats d'Europe, le sentiment d'appartenance à l'équipe de la sélection belge était encore très fort. Je veux que cela continue".

Nikiforov considère le championnat d'Europe qui s'est déroulé fin avril à Podgorica, capitale du Monténégro, et qui devait être son dernier grand tournoi, comme l'un de ses meilleurs moments malgré une armoire à trophées bien remplie et une sortie individuelle rapide. La Belgique y a fait ses débuts dans la compétition par équipes mixtes et a manqué de peu la médaille de bronze. 

"Mais c'était quand même inoubliable à cause de l'atmosphère qui régnait dans l'équipe. Nous avons notamment battu les Pays-Bas, qui nous regardaient un peu de haut, et la France, une puissance absolue en judo. Je garde également un excellent souvenir de ma deuxième médaille d'or aux Championnats d'Europe, en 2021, après de nombreuses blessures."

Toma est un exemple pour tous

Dirk Van Tichelt, médaillé de bronze à Rio 2016, a assisté aux larmes de Toma Nikiforov expliquant que ses problèmes physiques l'empêchaient de continuer sa carrière au plus haut niveau. "Je peux parfaitement imaginer ce que ressent Toma. J'ai aussi dû arrêter parce que mon corps ne suivait plus. Je le répète: il est un exemple pour tous, tant à l'intérieur qu'en dehors du judo. L'avenir nous dira s'il occupera un rôle au sein de la fédération, mais la porte est toujours ouverte de mon côté", a conclu Van Tichelt.